Je tiendrai mon livre dans mes mains.


L’année 2018 a maintenant tiré sa révérence emportant avec elle un lot de souvenirs, puis laissant toute la place à 2019. Après avoir célébré en famille, tout comme moi, tu t’es probablement déposé, seul avec toi-même, afin de valider qu’est-ce qui vibrait le plus en toi? Une fois connecté, tu as probablement pris des décisions qui t’aideraient à devenir la meilleure version de toi-même, et ce, dans toutes les sphères de ta vie. Si, en fermant les yeux et à te connectant à ton cœur tu t’es rendu compte que si tu ne parvenais qu’à tenir enfin ton livre dans tes mains, tu serais la personne la plus heureuse au monde, sache que je te comprends totalement parce que c’est exactement ce qui s’est passé pour moi.

Ainsi, le deux janvier dernier, alors que je me promenais dans la forêt avec pour seul compagnon de voyage mon carnet de notes, rendue en face du lac Jérôme, je me suis assise dans la neige, puis, carnet en mains, j’ai fermé mes yeux. Entourée de ce silence ressourçant, je me suis connectée au plus profond de mon âme, puis, pendant quelques secondes, j’ai eu l’impression que dans mes mains, le carnet de notes avait laissé la place à mon troisième livre, qui, à ce jour, malgré toutes mes bonnes intentions, n’est pas écrit. Instinctivement, comme à chaque fois que mon cœur décide d’écrire un nouveau livre, mon corps entier a frissonné, puis, doucement, des larmes ont coulé sur mes joues. Devant ce lac, je n’ai pas pris la résolution, mais l’engagement que d’ici la fin de l’année, j’allais enfin tenir mon troisième livre dans mes mains. Coûte que coûte, malgré que cela nécessite beaucoup d’efforts et que je ne dispose pas de tout le temps nécessaire dont je souhaiterais pour mener à bien cette grossesse, j’allais la commencer, non pas demain, mais aujourd’hui. J’ai donc ouvert les yeux, me suis connectée à mon cœur et j’ai commencé à rédiger les premières lignes de mon prochain roman.

Même si ce jour-là, il faisait froid, assise dans la neige, j’ai écrit une trentaine de minutes. Je n’avais pas envie de quitter ce havre de paix, pourtant, il le fallait puisque la parenté m’attendait pour célébrer la dernière fête du Nouvel An qui m’attendait. Durant cet événement, j’avoue que j’y étais là physiquement, mais mon cœur, lui, était ailleurs. En effet, je n’envie que d’une seule chose, retourner chez moi, me préparer une bonne tisane et continuer à écrire jusqu’au petit matin, ce que je fus avec un élan du cœur. En quelques heures, le canevas de mon troisième livre était sous mes yeux. Cette nuit-là, excitée comme au moment où j’ai appris que j’étais enceinte, je n’ai pas beaucoup dormi. Pourtant, le lendemain, j’étais plus rayonnante que jamais. Mon conjoint, qui comprenait qu’est-ce que je vivais m’a taquiné : « Avec tous tes beaux projets, comment vas-tu faire pour écrire ton troisième livre sans négliger tes clients, ta santé, tes enfants et de prendre du temps pour toi? À peine hier, tu me mentionnais que plus jamais tu ne travaillerais 60 heures par semaine et que cette année, tu choisissais l’équilibre. » Même si ce n’était qu’une blague, il avait bel et bien raison. Je me suis enfermée dans mon bureau et j’ai éclaté en larmes en ouvrant mon agenda et en constatant que je « n’avais pas le temps » d’écrire aussi souvent que je le souhaiterais.

Étant une spécialiste en planification, ma première réaction fut de bloquer du temps dans mon agenda pour écrire régulièrement. Pour ce faire, je me suis promise de me lever plus tôt afin d’écrire une heure par jour. Malgré toute ma bonne volonté, je savais que cette solution ne durerait pas longtemps parce que je ne suis pas matinale et quand je me « force à écrire », l’inspiration n’y est pas du tout. C’est pourquoi, afin de me motiver, j’ai, comme plusieurs de mes amies, commencé à faire mon tableau de visualisation. À peine quelques heures plus tard, j’étais découragée parce que si je voulais terminer la rédaction de mon manuscrit dans 4 mois tout en conservant un équilibre de vie. Je devais faire des choix. Cela signifiait d’accepter moins de mandats pour avoir plus de temps pour travailler sur mes projets, mais aussi que je devais jongler avec moins d’argent puisque qui dit accepter moins de mandats est l’équivalent de moins de revenus et quand on est propriétaire d’une maison d’édition, il faut bien se l’admettre, ça coûte cher imprimer notre livre puisque nous assumons nous-mêmes tous les frais liés au projet. Ne sachant pas comment réagir, mais devinant intuitivement que je trouverais une solution, je suis retournée me promener dans la forêt située à proximité de ma maison, apportant, encore une fois, avec moi mon carnet de notes.